<![CDATA[Homélies des dimanches et fêtes]]>https://www.fraternites-jerusalem.caLiturgia PodcastTue, 01 Sep 2026 12:12:27 GMTFraternités Monastiques de JérusalemSanctuaire du Saint-SacrementRéécouter les homélies dominicales prononcées au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal. Enregistrement en direct des liturgies.episodicFraternités Monastiques de Jérusalemapp.fmjweb@fraternites-jerusalem.orgfalse<![CDATA[La Résurrection du Seigneur – Saint Jour de Pâques]]>575653e76a0f4938a09c6344c46b35faSun, 05 Apr 2026 20:58:00 GMTDimanche 5 avril 2026 

La Résurrection du Seigneur – Saint Jour de Pâques

  • Première lecture : Ac 10, 34a.37-43
  • Psaume : Ps 117
  • Deuxième lecture : Col 3, 1-4
  • Évangile : Jn 20, 1-9

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 5 avril 2026

Cette transcription n'a pas été relue par le prédicateur.

La pierre enlevée : Pâques ouvre un monde nouveau

 

Marie-Madeleine voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Frères et sœurs, oui vraiment ce matin, une lourde pierre qui barrait bien des choses dans ce monde a été enlevée.

Quoi de plus lourd qu'une pierre tombale. Depuis toujours, les hommes en sont très conscients. Une pierre tombale va tomber sur toute vie humaine, mettant fin à sa beauté, sa créativité, sa vitalité. Nous savons que cette pierre va tomber sur nos relations avec nos proches. Comme elle est tombée sur la relation de joie, d'amour, de confiance que les disciples partageaient avec Jésus. Quand Marie-Madeleine, Pierre et Jean, les disciples bien-aimés, ont vu Jésus mourir. Ils ont vu son tombeau fermé par la finalité de cette pierre, bien sûr ils ont cru que toute cette belle aventure avait pris fin. Sauf que pendant la nuit de leur douleur, leur sentiment de cette absence, de cette fin, cette pierre a été enlevée. Marie-Madeleine pense bien sûr qu'on a enlevé le Seigneur, que quelqu'un a dérobé son corps.

Et quand saint Jean voit que les linges sont toujours là, il comprend que cela, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible de voler un cadavre en laissant les linges en place. Il comprend que ce corps n'a pas été enlevé, mais élevé.

Il comprend que seulement Dieu a pu faire cela. Vous savez que la Bible disait que Dieu devait ressusciter les morts à la fin du temps. Et Jean comprend que c'est ce qui est déjà arrivé.

La finalité d'une pierre tombale a été brisée, a volé en éclats. La mort n'est plus la fin. Dieu a montré sa toute puissance en détruisant cette fatalité, cette fatalité douloureuse.

Et depuis cette découverte, au petit matin, au premier jour de la semaine, tous les disciples du Christ à travers les âges sont remplis d'espérance devant la mort. Elle n'est plus la fin. Les Pères de l'Église et théologiens des premiers siècles allaient dire que Dieu a tué la mort.

Elle n'est plus la fin, elle est devenue un passage vers une vie infiniment plus belle, riche, joyeuse, une vraie vie de plénitude, la vie de Dieu lui-même. Mais bien d'autres pierres ont été enlevées en ce premier matin de Pâques. On avait essayé de supprimer Jésus à cause de son message, il prêchait une parole que certains trouvaient inacceptable.

Il fallait faire taire cette parole, ce message, parce que Jésus pardonnait les péchés. Il disait que le royaume de Dieu était arrivé. Il proclamait bienheureux les doux, les humbles, les persécutés.

Il prêchait l'amour des ennemis. Il disait que Dieu était son propre Père et que Dieu voulait se montrer notre Père à nous tous. Et tout cela, pour certains, était inadmissible. Il fallait taire tout cela sous une pierre tombale. Mais comme le dit Saint Paul, on n'enchaîne pas la parole de Dieu. Le Christ ressuscité envoie ses disciples dans le monde entier, à travers tous les siècles, prêcher cette même bonne nouvelle.

Et depuis, cette parole, qui est vivante et vivifiante, transforme la vie de milliards de personnes. Par cette parole, ce message, les croyants accueillent déjà cette vie nouvelle annoncée par le Christ. Ils ont fait l'expérience de ce message annoncé par Jésus en sa personne.

Ils ont fait l'expérience de la victoire de Dieu présent dans leur vie. Ils ont fait l'expérience de la miséricorde de Dieu pour chaque personne. Ils ont fait l'expérience que Dieu est vraiment notre Père, plus fort que tout ce qui nous enferme, tout ce qui pourrait nous faire perdre l'espérance.

Saint Paul le disait ce matin, les chrétiens savent qu'ils sont déjà ressuscités avec le Christ. Ils vivent déjà les réalités d'en haut. Ils savent que leur vie est déjà cachée avec le Christ en Dieu.

On peut dire qu'une troisième pierre a été enlevée ce matin. C'est celle qui semblait bloquer l'histoire du monde. Est-ce que l'histoire du monde avait un sens ? Elle semblait tourner en rond.

Tel événement historique donne l'espoir de plus de bonheur et de justice pour le monde. Et tel autre vient montrer que le mal est toujours là, à l'œuvre dans le monde. Nous le voyons de façon dramatique en ce moment même.

Pour Israël aussi, pendant des siècles, Israël s'est posé cette même question. Tant de catastrophes dans notre histoire, est-ce que Dieu est vraiment avec nous comme il a promis ? Et pourtant en parlant de l'histoire d'Israël, Dieu avait dit, tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Il s'agit des guerres et des catastrophes.

Je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple. Vous saurez que je suis le Seigneur lorsque j'ouvrirai vos tombeaux. Il s'agit de l'exil, de l'échec, de la défaite.

Donc en ce matin de Pâques, Dieu nous montrait définitivement que rien ne pourra arrêter son projet pour l'histoire du monde. Rien ne pourra l'empêcher de la conduire à la fin glorieuse qu'il a prévue pour elle, pour nous, pour l'humanité, pour toute la création. Donc avec la pierre qui était enlevée aujourd'hui, Dieu nous dit, voici que je fais une création nouvelle.

L'ancien monde s'en est allé. Un monde nouveau est déjà là, ne le voyez-vous pas ? C'est pourquoi ce matin dans le monde entier, même dans les endroits les plus meurtris, ou la vie est la plus difficile, ce matin les chrétiens se disent :Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.

Frère Bradford 

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Frère BradfordLa pierre enlevée : Pâques ouvre un monde nouveaufalse00:09:17La Résurrection du Seigneur – Saint Jour de Pâquesfull
<![CDATA[Vigile pascale]]>5a2c7ab8019245d3a97304518ab4b27aSun, 05 Apr 2026 04:40:00 GMTSamedi 4 avril 2026

Samedi Saint - Vigile pascale

  • Première lecture : Gn 1, 1 – 2, 2
  • Deuxième lecture : Gn 22, 1-18
  • Troisième lecture : Ex 14, 15 – 15, 1
  • Quatrième lecture : Is 54, 5-14
  • Cinquième lecture : Is 55, 1-11
  • Sixième lecture : Ba 3, 9-15.32 – 4, 4
  • Septième lecture : Ez 36, 16-17a.18-28
  • Épître : Rm 6, 3-11
  • Évangile : Mt 28, 1-10

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 4 avril 2026

Cette transcription n'a pas été relue par le prédicateur.

 

La lumière de la résurrection ne peut être mise sous le boisseau

 

Oui, c'est un mystère de lumière pour le monde entier que celui de la résurrection de notre Sauveur, Jésus le Christ, lui que nous acclamons ce soir. À l'heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, les saintes femmes vinrent pour regarder le sépulcre. Une voix : « Je sais que vous cherchez Jésus » (Mt 28, 5). Une promesse : « Vous le verrez » (cf. Mt 28, 7). Et un envoi : « Soyez sans crainte, allez annoncer » (cf. Mt 28, 10). C'est donc un mystère pour le monde entier — nos voix doivent proclamer cette résurrection.

Bonne nouvelle pour la cité, bonne nouvelle pour notre cité, bonne nouvelle pour Montréal. La résurrection ne s'est pas tenue cachée au fond d'une maison ; elle se manifeste sur les places publiques, dans les rues, à Jérusalem et jusqu'en Galilée. Et la Galilée, c'est Montréal, car nous sommes ces hommes et ces femmes lumineux de la Galilée où Dieu nous a placés. Voilà une lumière à ne pas mettre sous le boisseau, mais à partager (cf. Mt 5, 15). Oui, le Christ est ressuscité des morts, il a vaincu la mort.

Pourtant, frères et sœurs, il y a des voix qui cherchent à faire taire cette bonne nouvelle — autant à Jérusalem qu'en nos Galilées actuelles. Cette semaine, peut-être étiez-vous pleinement donnés à la contemplation des saints mystères : jeudi, le plus grand amour ; vendredi, la croix qui nous sauve ; samedi, l'espérance en Marie. Et pourtant, pendant ce temps, des voix cherchaient à étouffer l'expression des convictions religieuses dans notre société.

Je vous le confesse ce soir : j'étais en colère et triste. Le jour du Jeudi Saint, était adopté le projet de loi 9 sur le renforcement de la laïcité au Québec. Ce texte prétend interdire les prières collectives dans les espaces publics — je cite — « sauf autorisation municipale exceptionnelle ». D'autres articles portent sur le port de signes religieux dans les CPE ou sur l'interdiction des salles de prière dans les cégeps. Tandis que nous célébrions le don de l'amour le plus grand, manifesté par Jésus-Christ — signe lumineux qui autorise le vivre ensemble —, d'autres textes voulaient au contraire compartimenter la société et faire taire ce qui met de la lumière et du sens dans nos cœurs et, puisque nous sommes citoyens, dans la société.

Je trouve que c'était une décision fort dommageable — et vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord avec moi. Cependant, les évêques du Québec eux aussi ont déploré l'adoption de ce projet de loi, convaincus, je les cite, « que l'État est ici déjà laïque et qu'une législation en vigueur jusqu'ici était amplement suffisante pour encadrer les pratiques religieuses dans l'espace public ».

Certains ont dit que cette loi visait non pas d'abord les chrétiens, mais d'autres confessions. Alors, n'oublions pas que nous sommes appelés, comme Abraham, à être solidaires de ces hommes et de ces femmes qui cherchent, parfois à tâtons, un sens à leur cheminement humain (cf. Rm 4, 16). Entre l'office de la Cène et celui de la Passion, j'ai relu quelques textes citoyens : l'article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression ; et l'article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, qui reconnaît à toute personne ces mêmes libertés fondamentales, y compris la liberté de réunion pacifique.

Revenons alors à cette belle nouvelle lumineuse de la résurrection. Elle est un mystère de lumière pour toutes les nations, insufflé par l'esprit de l'homme nouveau, capable d'aller à la rencontre de l'autre jusque dans sa différence. L'Esprit, dont nous parlait le livre d'Ézéchiel, ouvre l'oreille à une voix qui se manifeste à travers l'histoire des nations et vient annoncer la bonne nouvelle de la paix — autrement dit d'un vivre ensemble —, car nous sommes fils et filles du même Père : fratelli tutti. Nous cheminons ensemble, en quête les uns avec les autres du sens de notre vie.

Si sur le papier on édicte des interdits sur l'expression des convictions religieuses, la réalité demeure : l'homme est homo religiosus, la quête de sens est anthropologiquement inscrite dans sa nature, et le Christ ressuscité vient apporter une réponse lumineuse à cette quête. Qui me l'atteste ? C'est vous — vous qui venez au bureau d'accueil, au confessionnal, qui ouvrez votre âme avec cette aspiration à y laisser entrer la lumière du Sauveur. C'est aussi une catéchumène que j'ai eu la joie d'accompagner et qui est baptisée en paroisse ce soir : elle me témoignait combien la rencontre vivante du Christ, connu intellectuellement depuis l'enfance mais manifesté au cœur de son couple, a transformé son regard en illuminant son œil pour voir là où était la ténèbre dans sa vie, et là où la lumière du Christ se manifeste, par ces signes parfois discrets qu'il s'agit de détecter dans la vie quotidienne.

Vous-même, vous m'émouvez. Quand vous faites confiance au Sauveur, quand par la prière d'adoration, par les larmes déposées au pied de la croix, par la confession transparente de votre besoin d'aide d'en haut pour vivre cette vie d'en bas, vous êtes ces témoins lumineux au cœur de Montréal qui disent par leur vie : oui, Jésus est vivant, et il est vivant pour que nous vivions. « La lumière a lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée » (cf. Jn 1, 5).

Certes, c'est l'histoire du christianisme d'être affronté à des lois contradictoires. Ce n'est pas la loi 9 qui va nous décourager. Du temps de Jésus, des édits voulaient faire éteindre cette parole qui montait pour l'humanité ; à travers les siècles, elle a rencontré bien des persécutions — et toujours, elle a continué son chemin. Pourquoi ? Car vous êtes cette parole lumineuse. Vous serez demain sur les places, dans vos emplois, dans vos milieux communautaires, dans vos familles, auprès de ceux qui sont dans les ténèbres et qui attendent une lumière, auprès de ceux qui sont dans l'angoisse et qui attendent une espérance.

Vous serez la lumière de la résurrection. Le Christ est ressuscité !

Frère Pierre-Benoît 

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Frère Pierre-BenoîtLa lumière de la résurrection ne peut être mise sous le boisseaufalse00:13:26Vigile pascalefull
<![CDATA[Célébration de la Passion et de la Croix du Seigneur]]>8d31737810024bf6bf89be9cde90fe28Sat, 04 Apr 2026 11:49:00 GMTVendredi 3 avril 2026

Vendredi Saint - Célébration de la Passion et de la Croix du Seigneur

  • Première lecture : Is 52, 13 – 53, 12
  • Psaume : Ps 30 (31)
  • Deuxième lecture : He 4, 14-16 ; 5, 7-9
  • Évangile : Jn 18, 1 – 19, 42

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 3 avril 2026

Cette transcription n'a pas été relue par le prédicateur.

 

Le Vendredi Saint : choisir entre la lumière et les ténèbres

 

Frères et sœurs, le Vendredi Saint est le jour le plus douloureux de l'histoire humaine. Des êtres humains ont humilié et mis à mort leur Seigneur et leur Dieu. Jésus de Nazareth est le visage de son Père céleste (cf. Jn 14, 9).

La Passion du Christ nous dévoile un Dieu humble et doux. Lorsqu'il est maltraité, il ne menace pas, ne se venge pas ; il reste dans le silence, comme un agneau conduit à l'abattoir (cf. Is 53, 7), et il pardonne.

Les êtres humains sont des créatures mystérieuses. Parmi eux se trouvent des humbles et des doux, à l'exemple de Jésus : Marie sa mère, saint Jean, Marie-Madeleine, les saintes femmes qui le suivent sur le chemin de croix. À l'inverse, des chefs religieux et des soldats romains choisissent la méchanceté et la violence. Et même dans le cercle des Douze, il se trouve un Judas qui trahit son maître — cela peut se voir aussi dans les diocèses, dans les paroisses, dans les communautés religieuses. Prions donc pour la fidélité à Jésus-Christ, aujourd'hui et toujours.

Frères et sœurs, c'est l'Esprit Saint qui nous conduit ici en disciples fidèles du Christ — ce n'est pas notre propre mérite. Entrons en compassion avec lui. Contemplons sa souffrance depuis son arrestation, sa condamnation, jusqu'à sa mort sur la croix. Ce qui importe, c'est que chacun et chacune de nous ressente personnellement la douleur de Jésus en ce moment : c'est cela, notre union au Christ dans sa mort (cf. Rm 6, 5).

Le Vendredi Saint nous met devant les réalités dernières. Le paradis et l'enfer, la vie et la mort, la sainteté et la méchanceté : ce sont des choix différents, présents dans le cœur de chaque être humain. Chaque personne a la liberté de choisir l'un ou l'autre. Cela apparaît avec une clarté saisissante dans les deux condamnés crucifiés aux côtés de Jésus : l'un implore Dieu, l'autre se moque (cf. Lc 23, 39-42). Et Dieu montre sa miséricorde infinie envers celui qui croit et se repent.

Car Jésus a payé nos péchés. Sa mort les efface, et sa résurrection nous rend justes devant son Père et notre Père (cf. Rm 4, 25). Seigneur Jésus, souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton Royaume (Lc 23, 42).

Frère Thomas Minh 

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Frère Thomas MinhLe Vendredi Saint : choisir entre la lumière et les ténèbresfalse00:06:24Célébration de la Passion et de la Croix du Seigneurfull
<![CDATA[La Cène du Seigneur]]>fb57ba388aa54fb3a999baa5670a1721Sat, 04 Apr 2026 11:40:00 GMTJeudi 2 avril 2026

Jeudi Saint - Messe de la Cène du Seigneur

  • Première lecture : Ex 12, 1-8.11-14
  • Psaume : Ps 115 (116)
  • Deuxième lecture : 1 Co 11, 23-26
  • Évangile : Jn 13, 1-15

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 2 avril 2026

Cette transcription n'a pas été relue par le prédicateur.

Les trois Pâques : juive, celle de Jésus et la nôtre

 

Avec le Jeudi Saint, nous entrons dans la célébration de la Pâque. Mais de quelle Pâque s'agit-il ? Il y en a plusieurs qui se superposent ce soir : la Pâque juive, passage de l'esclavage à la liberté ; la Pâque de Jésus, son abaissement et son relèvement, son passage de la mort à la vie ; et enfin notre Pâque, notre propre passage de la mort à la vie.

La Pâque de Jésus se déroule sur fond de Pâque juive. Le dernier repas de Jésus est un repas pascal juif. Lui et ses disciples sont montés à Jérusalem précisément pour y célébrer cette Pâque. La première lecture, tirée du livre de l'Exode, nous rappelle l'origine de ce rituel : le sang de l'agneau pascal sert de signe pour que les maisons des Israélites ne soient pas touchées par la mort des premiers-nés (cf. Ex 12, 13). La Pâque juive, c'est un sacrifice qui signifie le passage de la mort à la vie. Les Juifs continuent à la célébrer — et c'est d'ailleurs aujourd'hui le premier jour de Pessah.

La Pâque juive préfigure nos passages de la mort à la vie. Si les Israélites sont passés de l'esclavage à la liberté, nous sommes appelés à passer de tous nos esclavages — extérieurs et intérieurs — à une véritable liberté.

Et voilà que paraît Jésus sur fond de Pâque juive. Il va vivre sa Pâque à lui. Lui, le Maître et Seigneur, va se faire serviteur : il s'abaisse, il lave les pieds de ses disciples, puis il passe par la mort — lui, le Maître de la vie, lui la résurrection et la vie (cf. Jn 11, 25). Jésus prend la place de l'agneau pascal immolé et donne au repas pascal un sens nouveau, relatif à sa propre personne. Prenant le pain, il dit : « Ceci est mon corps livré pour vous » ; prenant le vin : « Ceci est mon sang versé pour vous » (cf. 1 Co 11, 24-25). Il donne ainsi sa vie librement : « Ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne » (Jn 10, 18). Et nous savons que le Père ressuscitera Jésus qui aura donné sa vie.

L'Eucharistie, ainsi instituée, sacrement de la Pâque de Jésus, sera elle aussi un passage de la mort à la vie. Dans sa Pâque, Jésus passera davantage que de l'esclavage à la liberté : il passera de la mort à la vie.

S'il y a la Pâque juive et la Pâque de Jésus, qu'en est-il de notre Pâque à nous ? Dans la célébration de la Pâque juive, il est dit que chacun doit se considérer lui-même comme étant passé de l'esclavage à la liberté. La Pâque juive concerne ma Pâque. Et de la même manière, la Pâque de Jésus concerne ma Pâque. Cela est d'autant plus vrai que, par l'Eucharistie, Jésus vient en moi — il vient vivre sa Pâque en moi, il vient remplir ma Pâque de sa présence.

Dans la Pâque juive, ceux et celles qui mangent l'agneau pascal participent à cette Pâque. Dans la Pâque de Jésus, ceux et celles qui communient à son corps et à son sang participent à cette Pâque (cf. 1 Co 11, 26). Leur Pâque est remplie de la Pâque de Jésus. Notre passage de l'esclavage à la liberté, de la mort à la vie, est renforcé, accompagné, sublimé par la Pâque de Jésus.

Que Dieu soit béni pour la Pâque juive, passage de l'esclavage à la liberté. Que Dieu soit béni pour la Pâque de Jésus, passage de la mort à la vie. Que Dieu soit béni d'accompagner nos Pâques, de fortifier nos passages de l'esclavage à la liberté, de la mort à la vie.

Frère Thomas 

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Frère ThomasLes trois Pâques : juive, celle de Jésus et la nôtrefalse00:06:16La Cène du Seigneurfull
<![CDATA[Peut-on aimer sans souffrir ?]]>e3debea4eb8c4cda8cebff31336a5a4fSun, 29 Mar 2026 20:15:00 GMTDimanche 29 mars 2026 

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

  • Première lecture : Is 50, 4-7
  • Psaume : Ps 21
  • Deuxième lecture : Ph 2, 6-11
  • Évangile : Mt 26,14 – 27,66

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 29 mars 2026

Cette transcription n'a pas été relue par le prédicateur.

Peut-on aimer sans souffrir ?

Cette semaine, un jeune homme m'a posé une question mûrement réfléchie : peut-on aimer sans souffrir ? Nous en avons parlé ensemble, et nous sommes convenus que oui, dans le ciel, dans cet idéal que nous espérons, l'amour sera libéré de la souffrance. Mais dans le réel d'ici-bas, marqué par le péché, la situation est différente.

Les amours et les douleurs se rencontrent. Et voilà, en un sens, une bonne nouvelle : Dieu lui-même, par son Fils Jésus, a voulu expérimenter, pour nous et avec nous, ce chemin de l'amour, en assumant dans ses souffrances la part de douleur que nous-mêmes nous traversons.

Le jeune homme, regardant la croix, a poursuivi : « S'il en est ainsi, est-il bon d'aimer ? » La réponse est dans le côté ouvert du Christ. La souffrance n'a pas eu le dernier mot. Jésus a traversé la douleur, il a traversé la mort, en ouvrant son cœur pour que nos propres cœurs soient irrigués de ce sang sauveur, de cette nourriture eucharistique. « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). Et au jeune homme, j'ai dit : toi aussi, fais de même.

Un amour qui n'est jamais plus petit que la douleur. Un amour qui survit, même à la mort. Saint Jean nous en donne la clé : « À ceci nous avons connu l'amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3, 16).

Alors, frères et sœurs, peut-on aimer sans souffrir ? La vraie réponse serait sans doute : on peut souffrir, certes, mais en aimant — en se recevant de celui qui, par amour, s'est donné tout entier pour nous.

Frère Pierre-Benoît 

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Frère Pierre-BenoîtDimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneurfalse00:04:15Peut-on aimer sans souffrir ?full
<![CDATA[Jésus, le Maître de la vie de l'ombre du tombeau à la Résurrection]]>5ème Dimanche de Carême - Dimanche de la Résurrection de Lazare - Fr. Thomas Minh

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e765a723b38e451ea921403df7ab5193Sun, 22 Mar 2026 01:35:00 GMTDimanche 22 mars 2026 

5ème Dimanche de Carême - Dimanche de la Résurrection de Lazare

  • Première lecture : Ez 37, 12-14
  • Psaume : Ps 129
  • Deuxième lecture : Rm 8, 8-11
  • Évangile : Jn 11, 1-45 

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 22 mars 2026,

Jésus, le Maître de la vie : de l'ombre du tombeau à la Résurrection

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jn 11,40). Frères et sœurs, traditionnellement, les Juifs considèrent que la corruption du corps commence le quatrième jour au tombeau. C’est pourquoi Marthe, la sœur du défunt Lazare, dit précisément à Jésus : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là » (Jn 11,39). Mais voici que Jésus réalise ce que la Sainte Écriture annonce : Dieu ne laisse pas le corps de son ami voir la corruption (cf. Ps 15,10).

Jésus dit à Marthe : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jn 11,40). Saint Irénée de Lyon nous explique que « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant » (Saint Irénée, Contre les hérésies, IV, 20, 7),. La gloire de Dieu est de ressusciter les morts ; les vivants sont Sa gloire. Jésus affirme également : « Je suis la résurrection et la vie ; crois-tu cela, Marthe ? » (Jn 11,25-26). Avec Marthe, nous croyons cela de tout notre cœur. En effet, à Pâques, Il ressuscitera le troisième jour, car tout ce que Jésus a dit et fait est pour la gloire de son Père et le salut du monde.

Aujourd’hui, Jésus ressuscite Lazare. Devant le tombeau, Il s’adresse à son Père : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le sais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je dis cela à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé » (Jn 11,41-42). Jésus est le maître de la vie parce qu’Il est Fils de Dieu. En Lui, Dieu a montré son visage au monde : c’est le visage du Christ, le visage du Bon Pasteur qui recherche la brebis perdue.

Dans l’Évangile de ce 5ème dimanche de Carême, Lazare — dont le nom signifie « le secours de Dieu » — tombe malade puis meurt,. Marie et Marthe, les deux sœurs, prient Jésus pour leur frère. Alors Jésus vient à son secours et, devant le tombeau, Il appelle d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » (Jn 11,43). Lazare revient des enfers, de l’ombre de la mort ; il revient à la vie. Cependant, après des années, il mourra une nouvelle fois. Sa résurrection est différente de celle du Christ : le Christ est ressuscité une fois pour toutes et pour l’éternité, tandis que Lazare a été rendu à sa vie terrestre par un miracle de Jésus. Au sens spirituel, nous comprenons que le Seigneur a réveillé et guéri Lazare comme Il l’a fait pour d’autres. Cela manifeste avec force qu’Il a le pouvoir de ressusciter les morts, ce qui est l’essentiel de notre foi en Jésus-Christ. À l'inverse, Satan, malgré son pouvoir dans ce monde, est incapable de rendre la vie.

Frères et sœurs, durant notre existence, il peut y avoir des moments de crise ou de maladie, parfois à cause de nos péchés, ce qui nous entraîne à l’angoisse. Nous nous sentons alors comme déjà morts, ensevelis au tombeau. Mais grâce à la prière de nos frères et sœurs, de nos proches, de nos communautés et de l’Église, Jésus vient nous guérir et nous sauver. Parfois, Il nous relève et nous donne la force de poursuivre ce que Dieu a planifié pour chacun de nous. Au confessionnal, l’absolution du prêtre, serviteur du Christ, est une véritable résurrection pour le pénitent. Certaines personnes commencent réellement une nouvelle vie après la confession, à l’image de saint Charles de Foucauld.

Frères et sœurs, à la fin, au dernier jugement, nous ressusciterons avec le Christ pour l’éternité. En terminant, rappelons-nous que le Bon Berger cherche sans cesse les brebis perdues. Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, « n’endurcissez pas votre cœur » (Ps 94,8). Que la bienheureuse Vierge Marie nous conduise à son fils Jésus-Christ, notre Sauveur !

Frère Thomas Minh 

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Fr. Thomas Minh5ème dimanche de carême - Fr. Thomas Minh<p>5ème Dimanche de Carême - Dimanche de la Résurrection de Lazare - Fr. Thomas Minh</p> false00:08:09Jésus, le Maître de la vie de l'ombre du tombeau à la Résurrectionfull
<![CDATA[Jésus, lumière du monde : de l'aveuglement à la vue intérieure]]>4ème Dimanche de Carême "Laetare" - Dimanche de l'Aveugle-né - Frère Thomas

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00e008720fc44e95a08f9e9668a89fe2Sun, 15 Mar 2026 20:02:00 GMTDimanche 15 mars 2026

4ème Dimanche de Carême "Laetare" - Dimanche de l'Aveugle-né

  • Première lecture : 1 S 16, 1.6-7.10-13a
  • Psaume : Ps 22
  • Deuxième lecture : Ep 5, 8-14
  • Évangile : Jn 9, 1-41 

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 15 mars 2026

Homélie transcrite à partir d'un enregistrement audio. Ce texte n'a pas été revu par le prédicateur.

 

Jésus, lumière du monde : de l'aveuglement à la vue intérieure

 Il y a deux semaines, au dimanche de la Transfiguration, nous voyions Jésus tout éclatant de lumière. Aujourd'hui, l'Évangile nous montre Jésus qui guérit un aveugle pour qu'il puisse, lui aussi, voir la lumière (cf. Jn 9,1-41). À quoi sert la lumière si on ne peut pas la voir ? Dans le premier livre de Samuel, nous découvrons que le regard de Dieu voit le cœur et non l'apparence (cf. 1 S 16,7). Dans l'Évangile, Jésus nous guérit de notre propre aveuglement pour que nous puissions enfin contempler la véritable lumière.

Si Dieu est lumière, s'il est celui qui guérit, il est aussi regard. Dans notre propre regard, nous sommes souvent attirés par ce qui est clinquant, brillant ou superficiel. Samuel lui-même s'y laisse prendre : il pense que le roi choisi par le Seigneur est le fils aîné de Jessé à cause de sa haute taille et de son apparence. Mais le regard de Dieu est différent : il considère le cœur et voit à l'intérieur de nous. Nous ne pouvons rien cacher à Dieu, mais il ne nous regarde pas pour nous espionner ou nous jouer de mauvais tours. Il voit en nous pour mettre en valeur ce qu'il y a de meilleur. S'il choisit David pour être roi, ce n'est pas pour la beauté de ses yeux, mais parce qu'il possède un cœur qui aime Dieu et les hommes.

Dans l'Évangile, Jésus rencontre l'aveuglement des pharisiens qui refusent d'accueillir la guérison miraculeuse. Ils ne voient que l'infraction au repos sabbatique et doutent même de l'infirmité passée de l'homme. Nous assistons alors à un véritable renversement des situations : l'aveugle-né devient voyant, tandis que les pharisiens, en se fermant à la lumière, deviennent aveugles (cf. Jn 9,39). Si ces derniers reconnaissaient leur cécité intérieure, ils n'auraient pas de péché ; mais parce qu'ils affirment « nous voyons », leur péché demeure (Jn 9,41). Ne fermons pas nos yeux et nos cœurs aux merveilles que Dieu accomplit à travers la création, l'humanité et la vie des saints. Si nous trouvons difficile de croire, demandons simplement à Jésus de nous guérir de notre aveuglement.

Dieu fait de nous des êtres de lumière. Saint Paul nous le rappelle dans l'épître aux Éphésiens : « Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière » (Ep 5,8). Comme la lune ne brille que parce qu'elle est éclairée par le soleil, nous devenons lumière dans la mesure où nous laissons la lumière du Seigneur nous envahir. En adhérant au Seigneur, nous nous désolidarisons des activités des ténèbres — la malhonnêteté, la violence ou l'impureté — pour témoigner, par notre vie, de sa clarté afin que d'autres puissent la voir à leur tour.

Que Dieu soit béni de nous permettre de voir sa lumière. Il guérit nos aveuglements pour que nous puissions contempler ses merveilles et faire de nous des reflets de sa propre lumière dans le monde.

Frère Thomas 

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Frère Thomas4ème Dimanche de Carême "Laetare" - Frère Thomas<p>4ème Dimanche de Carême "Laetare" - Dimanche de l'Aveugle-né - Frère Thomas</p> false00:06:06Jésus, lumière du monde : de l'aveuglement à la vue intérieurefull
<![CDATA[Jésus, source d'eau vive et sauveur de toute notre humanité]]>3ème Dimanche de Carême - Dimanche de la Samaritaine - Frère Bradford

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820e0d1af3f2487199df3dabf41d3b01Sun, 08 Mar 2026 20:52:00 GMTDimanche 8 mars 2026

3ème Dimanche de Carême - Dimanche de la Samaritaine

Première lecture : Ex 17, 3-7 Psaume : Ps 94 (95) Deuxième lecture : Rm 5, 1-2.5-8 Évangile : Jn 4, 5-42

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 8 mars 2026

Cette transcription n'a pas été relue par le prédicateur.

Jésus, source d'eau vive et sauveur de toute notre humanité

Alors, qu'est-ce que les chrétiens des premiers siècles ont appris de cette lecture dans le cheminement vers le baptême ? Il y a trop de choses. Peut-être d'abord que l'eau du baptême va faire jaillir dans leur cœur une source. Jésus appelle cette source une source vivifiante qui donne la vie : « l'eau que moi je donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 14). Et cette source, Jésus, c'est l'Esprit Saint que nous recevons par le baptême.

C'est l'Esprit, non seulement la sainteté de Dieu qui fait de nous des saints, mais c'est surtout le souffle vital de Dieu, le souffle de la vie du Père et du Fils, le souffle de leur vie éternelle qui nous est donné. Ensuite, puisqu'il y a cette belle conversation entre Jésus et la Samaritaine, il y a plusieurs sujets dont ils parlent. Peut-être que ces premiers chrétiens ont appris que Jésus est la réponse à toutes leurs questions. C'est vraiment dans cette petite histoire combien la Samaritaine passe très vite de sa première question : « est-ce que je faudra que je revienne ici puiser de l'eau pendant toute ma vie toute seule ? » (cf. Jn 4, 15), et elle passe de cette première question aux vraies questions, et ces vraies questions sont théologiques : « Seigneur, je vois que tu es un prophète » (Jn 4, 19). Alors explique-moi la vérité religieuse, la vraie religion ici ou à Jérusalem. Elle a soif donc de comprendre Dieu. Elle a soif de la vérité et elle trouve en Jésus sa réponse.

Troisième chose peut-être : parce que cette femme, elle est mise debout et elle court à la ville. Donc peut-être l'enseignement c'est que toutes les personnes qui ont vraiment rencontré le Christ deviendront ces messagers envoyés pour témoigner autour d'eux de cette rencontre qui a bouleversé leur vie. Parfois, on se demande pourquoi elle vient puiser l'eau au milieu du jour. Ce n'est pas l'heure normale pour puiser. Est-ce qu'il y a quelque chose de sa solitude ? Elle laisse là sa cruche — c'est très beau ce geste — elle court à la ville, elle parle à tout le monde (cf. Jn 4, 28). Donc il y a sûrement plein d'autres choses qu'on pourrait trouver mais je m'arrête plus longuement sur la dernière phrase de cette lecture, tous les samaritains maintenant disent : « nous savons que c'est vraiment lui le sauveur du monde » (Jn 4, 42). C'est un peu le cœur de cette page parce que Jésus ici n'est plus seulement en contact avec les Juifs en Israël, il est en contact avec quelqu'un qui est plutôt une étrangère, sauveur du monde.

Donc Jésus est le sauveur du monde entier. Et pour comprendre ça, nous allons remonter dans l'histoire pour comprendre qui sont ces Samaritains. Nous allons remonter 900 ans avant Jésus-Christ. À cette époque, Israël s'est divisé en deux entre le Nord et le Sud, juste après le roi David. Les tribus du Nord ont créé leur propre sanctuaire pour rivaliser avec le temple qui était dans le Sud à Jérusalem. Donc ça c'est il y a 900 ans, cette division entre le Nord et le Sud. Ensuite, 700 ans avant Jésus-Christ, le Nord était envahi par l'Empire assyrien et les Assyriens ont déporté une bonne partie de la population pour installer des colons venant de leur territoire. Donc à l'époque de Jésus, les Samaritains étaient méprisés par beaucoup de Juifs parce qu'ils étaient des métis et des schismatiques. Ils n'ont pas le sang pur, ils n'ont pas leur religion pure.

Sang pur, religion pure... cela ressemble pas mal à notre époque, n'est-ce pas ? Parce qu'il s'agit ici de discrimination raciale et de sectarisme. Jésus refuse systématiquement cette discrimination contre les Samaritains. Ici, il va à leur rencontre ; les disciples sont tout étonnés, les Samaritains aussi. Et bien c'est jusqu'à raconter la parabole du bon Samaritain qui avait agi avec plus de bonté que quelques bons Juifs (cf. Lc 10, 25-37). Donc cette femme est toute étonnée quand Jésus lui parle avec respect, et encore plus quand elle se rend compte qu'il sait tout par rapport à sa vie personnelle, sa vie sentimentale tumultueuse. Elle comprend qu'elle n'a rien fait pour mériter cette rencontre avec le Messie, le Christ, celui qui est Dieu. C'est lui qui est venu à sa rencontre avec toutes ses contradictions y compris son péché. Et cela était important.

Ces idées étaient importantes pour les premiers chrétiens comme pour nous parce qu'ils étaient presque tous d'origine païenne. Donc ils ne pourraient rien revendiquer par rapport au Messie du peuple, le Messie qui vient des Juifs. Mais puisque lui vient à leur rencontre par le baptême, ils deviennent tous élus, choisis de Dieu, quelle que soit leur origine et quel que soit leur passé personnel. Ils disent : « nous savons qu'il est le sauveur du monde » (Jn 4, 42). Donc il est le sauveur de toute l'humanité mais aussi il est le sauveur de toute notre humanité avec ses ombres et ses contradictions. On comprend combien ces convertis qui allaient être baptisés ont été touchés par tout cela. Et c'est ce que dit Saint Paul dans la deuxième lecture aujourd'hui : « alors que nous n'étions capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies. La preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (cf. Rm 5, 6-8).

Frère Bradford

 

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Frère Bradford3ème Dimanche de Carême - Frère Bradford<p>3ème Dimanche de Carême - Dimanche de la Samaritaine - Frère Bradford</p> false00:09:39Jésus, source d'eau vive et sauveur de toute notre humanitéfull
<![CDATA[Du Thabor à Jérusalem : la lumière de la Transfiguration sur le chemin de la Croix]]>Deuxième dimanche de Carême - Dimanche de la Transfiguration - Frère Thomas-Minh

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da4c0ccb63f5470797c126e2752596bfSun, 01 Mar 2026 22:48:00 GMTDimanche 1er mars 2026 

Deuxième dimanche de Carême - Dimanche de la Transfiguration

Première lecture : Gn 12, 1-4 

Psaume : Ps 32 (33) 

Deuxième lecture : 2 Tm 1, 8-10 

Évangile : Mt 17, 1-9

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 1er mars 2026

Du Thabor à Jérusalem : la lumière de la Transfiguration sur le chemin de la Croix

Frères et sœurs, la transfiguration de Jésus sur le mont Thabor nous révèle sa divinité. Le rayonnement de son visage et de son vêtement, l’apparition des prophètes Moïse et Élie, la nuée et la voix du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » (Mt 17, 5). C’est lui le Fils de Dieu, le Sauveur du monde que les prophètes ont annoncé dans l’Ancien Testament. Moïse représente la loi tandis qu’Élie représente les prophètes. Donc, frères et sœurs, la Sainte Écriture est accomplie en Jésus-Christ. La transfiguration du Christ évoque la rédemption du corps et de l’âme tout entière ; par lui, avec lui et en lui, nous trouverons notre gloire au ciel comme Moïse et Élie. Pierre, Jacques et Jean ont vu cette transfiguration tout près, avec leurs yeux de chair. Alors Jésus donne cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts » (Mt 17, 9). Par ces paroles, Jésus affirme qu'avant la résurrection glorieuse comme la transfiguration, il lui faut passer par des moments très difficiles pour un être humain, c’est-à-dire être humilié, crucifié par les méchants, mort et enseveli ; mais au troisième jour, il ressuscitera. Nous comprenons que Moïse et Élie parlent avec Jésus de la passion et de la résurrection (cf. Lc 9, 31).

Frères et sœurs, dans ce temps de carême, méditons non seulement sur la lumière du Christ, mais aussi sur les ténèbres de l’enfer. Le moment glorieux et lumineux, céleste au mont Thabor, apporte le bonheur. On voudrait rester toujours là. C’est pourquoi Pierre demande : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie » (Mt 17, 4). Et cependant, Jésus ne reste pas toujours au mont Thabor, ni ses disciples. Pourquoi ? Parce qu’il faut que le Fils de l’homme, et aussi les disciples, poursuivent le chemin vers la ville de Jérusalem. C’est le chemin de la croix. Ainsi durant notre vie, frères et sœurs, il y a des moments up and down. Up sur le mont Thabor avec le Christ, down avec lui dans les sentiers douloureux de la ville de Jérusalem. Cela veut dire que durant notre vie, il y a des moments faciles où il est bon, comme au mont Thabor, que nous souhaitions que cela continue jusqu’à la fin des siècles et que ça reste.

Cependant, frères et sœurs, parfois il y a aussi des moments très difficiles à vivre à cause de nos péchés, de nos défauts, et aussi à cause de la méchanceté des autres. Comme le Christ l’a soutenu dans sa vie terrestre. Alors, Jésus nous invite à porter la croix, à traverser les épreuves et à le suivre. Il marche devant nous. Il marche avant nous. Il nous trace un chemin, le chemin de la croix, afin de partager sa souffrance et après sa résurrection glorieuse. Le disciple n’est pas au-dessus de son maître (Mt 10, 24). Si l’on vous traite mal, ils ont déjà traité ainsi le Christ. Frères et sœurs, ce qui importe dans la vie spirituelle, c’est de ne pas rester au combat tout seul, comme un agneau entre les loups (cf. Mt 10, 16), mais soyons unis au Christ dans sa passion. Il a vaincu pour nous sauver des péchés et de la mort. Après cette vie, nous partagerons sa résurrection glorieuse dans l’éternité.

Pour terminer, frères et sœurs, nous avons besoin de l’amour de la Bienheureuse Vierge Marie, l’amour maternel de la Mère de Dieu et la nôtre. Notre Mère céleste, élevée corps et âme au ciel. C’est pour nous un motif de joie profonde, de confiance et d’espérance. Elle est la porte lumineuse qui ouvre sur le paradis, préparé pour nous par la Très Sainte Trinité.

Frère Thomas Minh 

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Frère Thomas Minh2e dimanche de Carême - Frère Thomas-Minh<p>Deuxième dimanche de Carême - Dimanche de la Transfiguration - Frère Thomas-Minh</p> false00:08:33Du Thabor à Jérusalem : la lumière de la Transfiguration sur le chemin de la Croixfull